Lorsque ces derniers ont approuvé le Programme de développement durable à l'horizon 2030, a rappelé le Président de l'ECOSOC, ils ont reconnu une réalité simple mais profonde, à savoir que la paix, la prospérité et la durabilité ne peuvent être poursuivies séparément. « Dix ans plus tard, cette prise de conscience est devenue encore plus urgente, impérieuse et lourde de conséquences », alors que les pays les moins avancés, les pays en développement sans littoral et les petits États insulaires en développement continuant de faire face à des défis disproportionnés, a constaté M. Lok Bahadur Thapa.
À moins de cinq ans de l'échéance, « il s'agit de travailler différemment et collectivement », at-il proposé. C'est pourquoi le thème du forum politique de haut niveau cette année est à la fois opportun et nécessaire. Ce thème est une longue formule qui reflète l'ampleur des travaux à mener à plusieurs niveaux si l'on veut atteindre, d'ici à 2030, les buts fixés en 2015 : « Actions transformatrices, équitables, innovantes et coordonnées pour le Programme de développement durable à l'horizon 2023 et ses objectifs de développement durable (ODD) pour un avenir durable pour tous ».
Le forum sera axé cette année sur les cinq de ces objectifs : eau propre et assainissement (ODD n ° 6), énergie propre et d'un coût abordable (ODD n ° 7), industrie, innovation et infrastructure (ODD n ° 9), villes et communautés durables (ODD n ° 11) et partenariats pour la réalisation des objectifs (ODD n ° 17). Pour les séances consacrées aux « examens volontaires nationaux », 36 pays se sont inscrits.
« Les solutions gagnent en efficacité lorsqu'elles sont élaborées dans le cadre de partenariats, mises en application à l'échelle nationale et renforcées par une coopération entre institutions, secteurs et communautés », selon le Président de l'ECOSOC, qui a souligné la plateforme centrale des Nations Unies que constitue le forum pour le suivi et l'examen du Programme 2030. C'est l'enceinte où les États Membres se réunissent pour évaluer les progrès accomplis, tirer des enseignements les uns des autres et construire l'action collective à l'approche de l'échéance.
Venu présenter le rapport du Secrétaire général sur les progrès des objectifs de développement durable, le Secrétaire général adjoint aux affaires économiques et sociales, M. Li Junhua, a renchéri, en suggérant que les initiatives ayant fait leurs preuves devaient devenir la norme. Le rétablissement d'une marge de manœuvre budgétaire grâce à un allégement significatif de la dette est impératif, a argué le haut fonctionnaire, de même que la mobilisation de financements pour le développement à grande échelle, le renforcement des systèmes alimentaires, énergétiques et hydriques. M. Li a également cité l'élargissement de l'accès aux services essentiels, qui passe par la lutte contre les inégalités et l'autonomisation des femmes et des jeunes.
« Les technologies modernes et le renforcement des systèmes statistiques nous ont fourni les données probantes nécessaires pour agir efficacement. Utilisons-les avec une urgence renouvelée pour enfin concrétiser la promesse du Programme 2030 », at-il exhorté. Dans ce contexte, la migration fait, à ses yeux, partie intégrante de la solution, puisque c'est grâce à elle « que nous bâtissons des sociétés inclusives, des communautés résilientes et des marchés du travail plus solides, que nous faisons progresser l'égalité des sexes et que nous favorisons une coopération internationale plus efficace ».
Le rapport du Secrétaire général présente en effet un bilan lucide des progrès collectifs, ainsi que de l'ampleur colossale et de l'urgence de la tâche qu'il reste à accomplir, a relevé le Secrétaire général adjoint. Les avancées sont réelles, at-il observé. « Sur les 139 cibles des ODD pour lesquelles des données sur les tendances sont disponibles, 36 % sont en bonne voie ou connaissent des progrès modérés », des chiffres derrière lesquels des vies ont été « transformées » depuis 2015.
Toutefois, des écarts flagrants subsistants. Une personne sur 10 vit encore dans l'extrême pauvreté et l'insécurité alimentaire touche 2,3 milliards de personnes dans le monde. Environ 1 cible sur 7 a régressé par rapport à son niveau de référence de 2015 et près de la moitié n'a enregistré que des progrès marginaux, bien trop lents pour atteindre les ODD. Des lacunes aggravées par une convergence de crises, du déclenchement planétaire à la multiplication des conflits armés, « à leur niveau le plus élevé depuis des décennies », qui ont provoqué le déplacement de 118 millions de personnes. Sans compter une aide publique au développement en chute libre, de 23% en 2025.
Source ONU: https://press.un.org/fr/2026/ecosoc7232.doc.htm