Malgré cette forte consommation de ressources, le système reste extrêmement linéaire et gaspilleur : chaque seconde, l’équivalent d’un camion-poubelle rempli de textiles est incinéré ou enfoui, et environ 85 % des textiles sont jetés chaque année. La demande croissante de vêtements exerce une pression urgente sur notre climat, la biodiversité et notre santé, faisant de la transformation de l’industrie de la mode une priorité absolue.
À l'occasion de la Journée mondiale de l'environnement, la CEE-ONU et l'Alliance des Nations Unies pour une mode durable ont organisé l'événement « Slow Fiber : l'aspect éthique de la mode au-delà de l'esthétique », qui explorait les moyens de faire évoluer l'industrie vers des modèles circulaires et durables.
Repenser la mode de fond en comble est impératif, et l'approche des fibres durables, présentée par M. Dario Casalini, conférencier principal, offre une voie claire pour l'avenir. Elle privilégie des matériaux durables et traçables qui minimisent les déchets et prolongent la durée de vie des produits. Comme il l'a souligné, « un produit textile n'est beau que s'il est bon, sain, propre, équitable et durable ». La concrétisation de cette vision exige un changement culturel plus large en faveur de la durabilité et d'une consommation responsable, ainsi qu'une plus grande sensibilisation des consommateurs. À l'instar de l'alimentation, les textiles doivent être appréhendés pour leur impact sur la santé, l'environnement et les communautés, replaçant ainsi l'éthique, la qualité et la valeur à long terme au cœur de la chaîne de valeur.
Réunissant les membres de l'Alliance des Nations Unies pour une mode durable, notamment des représentants de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD), de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE), de l'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) et de la CEE-ONU, la discussion a porté sur l'ensemble de la chaîne de valeur textile, des forêts et de l'utilisation des terres à l'innovation et à la gestion des produits chimiques.
Le consensus était clair : une transformation significative commence au niveau des matières premières et doit rester une priorité tout au long du cycle de vie du produit. Seuls les matériaux durables peuvent être recyclés efficacement et contribuer à l’économie circulaire. Des normes plus strictes, une meilleure traçabilité et un approvisionnement responsable sont indispensables pour atteindre les objectifs climatiques et sociaux essentiels. Les solutions fondées sur la nature, notamment les fibres forestières de dernière génération, offrent une alternative durable lorsqu’elles sont issues de sources rigoureusement durables. De plus, en privilégiant l’économie circulaire et la traçabilité, l’industrie peut garantir une utilisation prolongée des matériaux durables et leur réintégration efficace dans les chaînes de valeur.
En définitive, le message est clair : une véritable transformation exige un changement systémique. Sans innovation dans les matériaux et une plus grande transparence tout au long de la chaîne de valeur, l’industrie de la mode ne pourra pas atteindre nos objectifs climatiques communs.
La CEE-ONU soutient la transition vers une bioéconomie circulaire en promouvant l’utilisation durable des ressources forestières renouvelables, notamment les fibres et matériaux innovants pour le secteur du textile et de la mode. Par son action en matière de gestion durable des forêts et des produits forestiers, la CEE-ONU encourage une approche fondée sur des données probantes pour une utilisation efficace des ressources et des chaînes de valeur circulaires.
En tant que membre de l'Alliance des Nations Unies pour une mode durable, la CEE-ONU contribue au développement de chaînes de valeur textiles plus durables, fondées sur des matières premières renouvelables, les principes de l'économie circulaire et un approvisionnement responsable, en favorisant le dialogue entre les décideurs politiques, l'industrie et les experts.
Source UNECE: https://unece.org/media/press/414461