
Alors que la nouvelle série de contributions déterminées au niveau national (CDN) bat son plein, il est plus important que jamais, pour l’élaboration et la mise en œuvre des CDN, de garantir aux services météorologiques et hydrologiques nationaux (SMHN) l’accès à des informations scientifiques fiables sur le climat, leur interprétation et leur application. Dans ce contexte, l’OMM a organisé un atelier régional réunissant des participants de sept pays africains : le Burkina Faso, le Cameroun, les Comores, la Guinée, Madagascar, le Rwanda et le Togo.
L'atelier avait quatre objectifs principaux :
Développer des compétences en matière de gestion des données climatiques et de calcul des indices climatiques , permettant aux participants d'analyser les tendances, la variabilité et les extrêmes passés et projetés pour les rapports et le développement de la CDN 3.0.
La formation, conçue pour être pratique et interactive, mettait l'accent sur l'utilisation des ressources soutenues par l'OMM afin de renforcer les capacités techniques. Les participants ont appris à utiliser Climpact , un logiciel de calcul d'indices climatiques sectoriels, le Portail d'information climatique (PIC), qui donne accès à 28 indicateurs climatiques et hydrologiques précalculés à partir de modèles climatiques mondiaux et régionaux, ainsi que la méthodologie CSICA ( Information scientifique sur le climat pour l'action climatique ), visant à transformer les données scientifiques sur le climat en informations exploitables pour la planification des politiques et des investissements.
Le Dr Tindano Komlan, secrétaire général du ministère des Transports du Togo, a souligné que « l’accès à des informations scientifiques fiables, pertinentes et exploitables sur le climat est un levier indispensable pour orienter les politiques publiques et les investissements climatiques ». Il s’est félicité de l’orientation pratique de l’atelier, notant son utilisation d’outils et de méthodologies pour renforcer l’interface science-politique.
Des sessions techniques ont été animées par des experts en climatologie de l' Institut universitaire de recherche sur la durabilité, le changement climatique et la transition énergétique (IU-RESCAT) de l'Université Rovira i Virgili (Tarragone, Espagne). Elles ont porté sur le contrôle de la qualité des données climatiques, l'évaluation de leur homogénéité, le calcul des indices climatiques et l'interprétation des tendances climatiques. La formation a également inclus des échanges collaboratifs avec des représentants des différents secteurs, notamment des participants des ministères togolais de l'Agriculture et de l'Environnement, afin de faciliter l'adéquation entre l'analyse climatique et les besoins économiques.

Tout au long de la semaine, les participants ont pris part à de nombreux exercices pratiques, à une visite de terrain et à un échange à ANAMET, à des présentations sur les Cadres nationaux pour les services climatiques (CNSC) et à des travaux de groupe.
En outre, le personnel de l'OMM a présenté la méthodologie relative à l'information scientifique sur le climat pour l'action climatique et l'approche du Cadre national pour les services climatiques (CNSC), et a mis en lumière des outils pratiques tels que le tableau de bord des services climatiques pour aider à traduire les données scientifiques sur le climat en informations exploitables pour la prise de décision.
Les commentaires des participants ont souligné la pertinence pratique de l'atelier, avec une note post-formation de 4,79 sur 5. De nombreux participants ont fait état d'une meilleure maîtrise des ressources de l'OMM, d'une plus grande compétence technique dans le calcul et l'interprétation des indices climatiques et d'une capacité accrue à appliquer les sciences du climat aux politiques nationales, à la prise de décision et à la planification sectorielle.
Il y avait également une forte demande de soutien continu, notamment en ce qui concerne l'utilisation des données climatiques pour la planification des politiques, le renforcement des capacités du NMHS à fournir des services d'information climatique, la coopération technique sur les sciences du climat pour l'élaboration des CDN et l'assistance à la collecte et à l'analyse des données pour l'adaptation et l'atténuation.
Cet atelier a constitué une plateforme essentielle pour garantir que la nouvelle génération de CDN reflète les dernières avancées en matière de connaissances climatiques, de modélisation, d'évaluation d'impact et de planification de la résilience. À ce jour, 139 pays ont soumis leur nouvelle série de CDN, dont 70 % font désormais référence aux informations climatiques et aux services météorologiques, ce qui témoigne de la large reconnaissance des CDN comme un fondement transversal pour l'adaptation, la réponse aux pertes et dommages, la transparence des rapports et l'accès aux financements climatiques.
L’OMM continuera d’aider les NSAM à accéder aux meilleures données scientifiques disponibles sur le climat, à les interpréter et à les appliquer, en veillant à ce que ces données soient traduites dans un langage pertinent pour les politiques publiques et intégrées aux rapports d’aide à la décision et aux propositions de projets, renforçant ainsi le lien entre les données scientifiques et l’action climatique nationale.
Source: https://wmo.int/media/project-update/regional-workshop-supports-climate-science-information-nationally-determined-contributions-africa