« Ce n’est pas un jeu où l’on est en compétition pour savoir qui est le ou la meilleure », souligne Dalija Malak, de Tuzla. « Nous apprenons à mieux nous comporter les un·e·s avec les autres. »
Imrah Poško, 18 ans et originaire de Mostar, est d’accord. « Cela m’a rappelé que la paix n’est pas un état fini, mais un processus au cours duquel nous apprenons à nous écouler, à nous comprendre et à nous faire confiance. »
Certaines parties du jeu ont cependant pour nom « champs de bataille » : si un ou une joueuse tombe dessus, le jeu s’arrête pour tout le monde, quelles que soient les ressources collectées ou les progrès accomplis. « L’éclatement d’une guerre est un échec collectif », explique Darko Samardžić, élève serbe de 16 ans de Sarajevo Orientale.
Le seul moyen de poursuivre le jeu est de faire appel aux « Armées de la paix » : empathie, dialogue, respect de la diversité et soin de l’environnement.
« L’éclatement d’une guerre est un échec collectif » – Darko Samardžić
Il arrive également un moment dans chaque partie où un joueur d’une communauté doit aider quelqu’un d’une autre origine pour éviter un « champ de bataille ». Lorsqu’un garçon serbe tend une carte spéciale à une jeune fille bosniaque, par exemple, ou lorsqu’un enfant croate aide l’un de ses pairs serbes à avancer, le jeu leur apprend que leurs destins sont liés.
« Grâce à ce jeu, je me suis rendu compte que la paix commence par nous-mêmes », précise Ana Ćurak, élève croate de 16 ans, originaire de Vitez. « Mais il est impossible de la maintenir sans travailler avec les autres. »
Une création pour les salles de classe qui transforme les communautés
Le jeu décerne aussi des « cartes populaires » récompensant les compétences de leadership juste, chacune à l’effigie d’une personnalité réelle de la communauté. Voisin·e·s, enseignant·e·s, activistes sont les visages humains de celles et ceux qui ont choisi la voie de la réconciliation.
« L’Odyssée de la paix permet un apprentissage social et émotionnel, encourage la pensée critique et donne aux jeunes les compétences de construction de la paix », déclare Ivana Kešić, qui a contribué à concevoir le jeu.
Cette initiative est mise en œuvre dans le cadre régional du projet Youth for Inclusion, Equality and Trust et du projet Moving Us Closer, soutenus par le Fonds du secrétariat des Nations Unies pour la construction de la paix et financés par le gouvernement italien.
« La paix commence par nous-mêmes, mais il est impossible de la maintenir sans travailler avec les autres. » – Ana Ćurak
Dans le canton bosnien de Podrinje, où les communautés portent encore les stigmates de la guerre, Arifa Mehić, 13 ans, résume les espoirs de sa génération : « les jeunes veulent un avenir sans divisions, sans peur et sans haine ». Dans un pays qui apprend encore à envisager un avenir commun, c’est une mission de grande ampleur.
Source UNFPA - https://www.unfpa.org/fr/news/dans-des-%C3%A9coles-de-bosnie-herz%C3%A9govine-un-jeu-de-soci%C3%A9t%C3%A9-apprend-aux-jeunes-les-le%C3%A7ons-de-la