Intervenant devant le Conseil des droits de l'homme lors d'un débat consacré aux violences domestiques, Mme Dabo a décrit une évolution rapide du phénomène. « Nous sommes confrontés à une oppression inventive et high-tech », a-t-elle affirmé.

Les chiffres illustrent cette mutation : près de 99 % des victimes de deepfakes (contenus manipulés) à caractère sexuel générés par intelligence artificielle sont des femmes.

La responsable onusienne a également évoqué une enquête récente révélant l'existence d'une communauté en ligne où des hommes échangeaient des conseils pour droguer et violer leurs épouses tout en échappant aux poursuites.

Selon elle, ces violences numériques produisent déjà un effet politique. « Au cours de mes voyages, je discute souvent avec des femmes et je me rends compte à quel point les réseaux sociaux ont été transformés en armes contre elles », a-t-elle déclaré. Et qui sait combien de femmes ont décidé de ne pas se présenter aux élections ou de ne pas postuler à des postes à responsabilité dans la fonction publique, parce qu’elles savent que cela ferait d’elles des cibles ?

Pour l'ONU, le risque est désormais clair. Le harcèlement en ligne ne se contente plus de faire taire certaines voix, il dissuade des femmes d'accéder aux responsabilités publiques.

La maison reste le lieu le plus dangereux

L'espace numérique n'est toutefois que l'un des visages de cette violence.

Pour des centaines de millions de femmes, le danger commence en franchissant le seuil de leur domicile. Violences physiques, psychologiques, sexuelles ou économiques, le foyer demeure, pour beaucoup, le lieu où elles courent le plus grand risque.

« Aujourd’hui, quelque part dans le monde, une femme a peur de rentrer chez elle après le travail. Une autre craint que, si elle fuit les mauvais traitements, elle ne puisse plus subvenir aux besoins de ses enfants. Et une autre encore a été amenée à croire qu’elle-même et ses besoins n’ont aucune valeur », a déploré Mme Dabo.

Pour les Nations Unies, le renforcement des lois reste indispensable. « Lorsque les gouvernements adoptent des mesures de protection juridique contre la violence domestique, sa prévalence diminue de près de moitié », a rappelé Mme Dabo.

Mais la réponse ne saurait s'arrêter au cadre législatif. L'ONU appelle également à renforcer les capacités des forces de police et de la justice afin que les victimes soient protégées et que les auteurs soient poursuivis, qu'ils agissent dans la sphère privée ou derrière l'anonymat des écrans.

Les entreprises technologiques sont, elles aussi, invitées à assumer leur part de responsabilité dans la diffusion des contenus misogynes et des violences facilitées par les nouvelles technologies.

« Les affaires récentes très médiatisées, notamment celles de Dominique Pelicot, de Jeffrey Epstein et d’autres, ont ravivé l’attention du public sur l’ampleur effroyable des abus subis par les femmes », a rappelé la Haute-Commissaire adjointe.

Pour les Nations Unies, le danger est de voir la violence contre les femmes cesser d'être perçue comme une exception pour devenir un élément banal de l'ordre social, amplifié par les technologies et toléré dans les faits.
 

Source: https://news.un.org/fr/story/2026/06/1159050?utm_source=UN+News+-+French&utm_campaign=1eea3c9502-EMAIL_CAMPAIGN_2026_06_25_12_03&utm_medium=email&utm_term=0_0264da9d8f-1eea3c9502-107613097

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