Messages clés

  • L'OMM confirme dans son rapport sur l’état du climat que les années 2015 à 2025 sont les 11 années les plus chaudes jamais enregistrées
  • Le déséquilibre énergétique de la Terre atteint son niveau le plus élevé en 65 ans
  • Depuis 20 ans, l’océan absorbe chaque année l'équivalent d'environ 18 fois la consommation énergétique annuelle de l'humanité
  • Les conditions météorologiques extrêmes touchent des millions de personnes et coûtent des milliards de dollars É.-U.

    L'OMM confirme, dans son rapport sur l’état du climat mondial en 2025, que les années 2015 à 2025 sont les 11 années les plus chaudes jamais enregistrées, et que l'année 2025 se classe au deuxième ou au troisième rang des années les plus chaudes jamais observées, avec une température supérieure d'environ 1,43 °C à la moyenne de la période 1850-1900. Les phénomènes extrêmes survenus partout dans le monde, notamment les épisodes de chaleur intense, les fortes pluies et les cyclones tropicaux, ont causé des perturbations et des dégâts, et mis en évidence la vulnérabilité de nos économies et sociétés interconnectées.

    L’océan continue de se réchauffer et d’absorber du dioxyde de carbone (CO₂). Depuis 20 ans, il absorbe chaque année l'équivalent d'environ 18 fois la consommation énergétique annuelle de l'humanité. Selon le rapport de l’OMM, l'étendue annuelle de la glace de mer arctique a atteint ou frôlé un niveau historiquement bas, celle de la glace de mer antarctique s'est classée au troisième rang des plus faibles jamais enregistrées, et la fonte des glaciers s'est poursuivie sans relâche.

    «Le climat mondial est en état d’urgence. La Terre est poussée au-delà de ses limites. Tous les indicateurs climatiques clés sont au rouge», a déclaré le Secrétaire général de l'ONU, M. António Guterres.

    «L’humanité vient de connaître les 11 années les plus chaudes jamais enregistrées. Quand l’histoire se répète 11 fois, ce n’est plus une coïncidence. C’est un appel à l’action», a-t-il martelé.

    Les 11 dernières années (2015 à 2025) sont les 11 années les plus chaudes jamais enregistrées. 

    L'année 2025 occupe la deuxième ou la troisième place des années les plus chaudes jamais enregistrées (selon le jeu de données utilisé) depuis le début des relevés d'observation, il y a 176 ans, dans le contexte d’un épisode La Niña, qui a entraîné une baisse temporaire des températures mondiales. À l’échelle du globe, la température annuelle moyenne près de la surface dépassait de 1,43 °C ±  0,13 °C la moyenne préindustrielle de la période 1850-1900. 

    L'année 2024, qui a débuté sous l'influence d'un puissant épisode El Niño, reste l'année la plus chaude jamais observée, avec une température supérieure d'environ 1,55 °C à la moyenne de la période 1850-1900. 

    Contenu thermique de l'océan

    En 2025, le contenu thermique de l'océan (jusqu'à une profondeur de 2 000 mètres) a atteint son niveau le plus élevé depuis le début des relevés, en 1960, dépassant le précédent record établi en 2024.

    Des records de contenu thermique de l’océan ont été battus lors de chacune des neuf dernières années. 

    Le taux de réchauffement océanique ces deux dernières décennies (période 2005-2025), est plus de deux fois supérieur à celui observé au cours de la période 1960-2005. Il atteint entre 11,0 et 12,2 zettajoules par an, soit environ 18 fois la consommation énergétique annuelle de l'humanité.

    Malgré les conditions La Niña, environ 90 % de la surface océanique a connu au moins une vague de chaleur marine en 2025. 

    Le réchauffement océanique a des répercussions considérables. Il entraîne notamment la dégradation des écosystèmes marins, la perte de biodiversité et la réduction du puits de carbone océanique. Il alimente les tempêtes tropicales et subtropicales et accentue la fonte continue des glaces de mer dans les régions polaires.

    Line graph showing the increase in ocean heat content from 1960 to 2025 at 0-2000m depth, with four studies depicted as color-coded lines and shaded uncertainty areas.

    Contenu thermique annuel de l’océan à l’échelle mondiale jusqu’à une profondeur de 2 000 m pour la période 1960-2025, en zettajoules (ZJ)

    Niveau moyen de la mer à l'échelle mondiale

    En 2025, le niveau moyen de la mer à l'échelle mondiale était comparable aux niveaux record observés en 2024. 

    Ce niveau était supérieur d'environ 11 cm au niveau enregistré au début des relevés altimétriques satellitaires, en 1993.

    La progression interannuelle de 2024 à 2025 a été moins marquée que de 2023 à 2024, ce qui correspond à la variabilité à court terme associée aux conditions La Niña.

    Le taux d'élévation du niveau moyen de la mer à l'échelle mondiale depuis 2012 est supérieur à celui mesuré au début de l’ère satellitaire, soit entre 1993 et 2011.

    L'élévation du niveau de la mer endommage les écosystèmes côtiers et entraîne la salinisation des eaux souterraines ainsi que des inondations. 

    pH océanique

    Entre 2015 et 2024, environ 29 % des émissions de CO₂ liées aux activités humaines ont été absorbées par l'océan, entraînant une baisse constante du pH de la surface de l'océan. Le pH moyen de la surface de l'océan à l'échelle mondiale a diminué au cours des 41 dernières années.

    Selon le GIEC, il est possible d’affirmer avec une grande certitude que les valeurs actuelles du pH de surface sont sans précédent depuis au moins 26 000 ans.

    Les variations du pH océanique présentent des différences régionales. Les plus importantes diminutions du pH de surface ont été relevées dans l’océan Indien, l’océan Austral, l’est du Pacifique équatorial, le nord du Pacifique tropical et certaines régions de l’océan Atlantique. 

    L'acidification océanique nuit à la biodiversité, aux écosystèmes ainsi qu'à la production alimentaire issue de la conchyliculture et de la pêche. 

    Bilan de masse des glaciers 

    Au cours de l'année hydrologique 2024/25, la perte de masse des glaciers de référence s'est classée parmi les cinq plus importantes jamais enregistrées. Cette situation s'inscrit dans une tendance à l'accélération de la fonte glaciaire observée depuis le début des relevés, en 1950. Huit des dix années où l'on a enregistré les plus importantes pertes de glace glaciaire ont eu lieu depuis 2016.

    En 2025, une perte de masse glaciaire exceptionnelle s'est produite en Islande et le long de la côte pacifique de l'Amérique du Nord.  

    Étendue des glaces de mer

    En 2025, l'étendue moyenne annuelle de la glace de mer arctique s’est classée au premier ou au deuxième rang des niveaux les plus bas jamais mesurés à l'ère satellitaire (depuis 1979), et l’étendue moyenne de la glace de mer antarctique au troisième rang, après celles de 2023 et 2024. 

    En 2025, le maximum saisonnier, en moyenne journalière, de la glace de mer arctique (après l'englacement hivernal) a représenté le niveau le plus bas jamais observé (depuis 1979), à savoir environ 14,19 millions de km².

    Le minimum saisonnier, en moyenne journalière, de la glace de mer antarctique (après la fonte estivale) s'est classé à la deuxième place ex æquo des minima les plus faibles jamais enregistrés. Les quatre plus faibles minima de glace de mer antarctique jamais observés ont tous été enregistrés ces quatre dernières années. 

    Phénomènes extrêmes et impacts

    Un supplément au rapport donne un aperçu des phénomènes extrêmes. Il repose sur les contributions des Membres de l’OMM, de l’Organisation internationale pour les migrations, de l’Observatoire des situations de déplacement interne, du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, du Programme alimentaire mondial et de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, et met l’accent sur les aspects météorologiques et les impacts liés aux déplacements et à l’insécurité alimentaire.

    Les phénomènes météorologiques extrêmes ont des répercussions en chaîne sur la production agricole. L'insécurité alimentaire liée au climat est désormais considérée comme un risque, avec des incidences en cascade sur la stabilité sociale, les migrations et la biosécurité, en raison de la propagation des ravageurs et des maladies animales.

    Ces phénomènes continuent également de générer des déplacements de populations à l'échelle mondiale, qu'ils soient nouveaux, secondaires ou prolongés , avec des conséquences particulièrement graves dans les régions fragiles et touchées par des conflits. Les répercussions cumulatives et en cascade de catastrophes multiples limitent considérablement la capacité des populations vulnérables de se préparer aux chocs, de s'en remettre et de s'y adapter.

    Effets du climat et de la chaleur sur la santé

    Le changement climatique a de vastes répercussions sur la mortalité, les moyens de subsistance, les écosystèmes et les systèmes de santé. Il amplifie les risques tels que les maladies véhiculées par l'eau ou à transmission vectorielle ainsi que les facteurs de stress liés à la santé mentale, en particulier parmi les populations vulnérables.

    La dengue est la maladie transmise par les moustiques dont la propagation géographique est la plus rapide au monde. Selon l'Organisation mondiale de la Santé, environ la moitié de la population mondiale est exposée à ce risque, et le nombre de cas signalés atteint actuellement un record. 

    Le stress thermique est un problème de plus en plus préoccupant. Plus d'un tiers de la main-d'œuvre mondiale (1,2 milliard de personnes) est exposée à un moment donné de l'année à des risques liés à la chaleur sur le lieu de travail, en particulier dans les secteurs de l'agriculture et de la construction. Outre des effets sur la santé, il s'ensuit des pertes de productivité et de moyens de subsistance.

    En 2023, environ la moitié seulement des pays fournissaient des services d'alerte précoce contre la chaleur adaptés aux besoins du secteur de la santé, et ils étaient encore moins nombreux à avoir pleinement intégré les informations sur le climat dans les prises de décisions sanitaires. 

    Il est urgent d’intégrer les données météorologiques et climatologiques dans les systèmes d'information sanitaire afin de permettre aux décideurs de passer d'une approche réactive à une prévention proactive, et, partant, de sauver des vies.
     

  • Source: OMM - https://wmo.int/fr/news/media-centre/le-climat-de-la-terre-est-de-plus-en-plus-desequilibre

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