Le rapport mondial « The Quantum Moment : A Global Report, Outcomes of the International Year of Quantum Science and Technology » présente la première évaluation mondiale exhaustive de l’Année internationale de la science et de la technologie quantiques célébrée en 2025. Fondé sur les données issues de 1 300 événements dédiés aux sciences quantiques organisés dans 83 pays avec une participation directe dépassant 1,2 million de personnes, ce rapport repose également sur une enquête mondiale menée auprès de 590 experts dans 81 pays, ainsi que sur les contributions d’organisations scientifiques internationales de référence telles que l’American Physical Society. Il met en lumière à la fois l’ampleur de l’intérêt mondial pour les sciences quantiques et la profondeur des obstacles qui empêchent la majorité des pays de participer pleinement à l’ère quantique.
Les données relatives aux inégalités sont sans équivoques. Les États membres de l’UNESCO d’Europe et d’Amérique du Nord concentrent sept fois plus d’événements liés aux sciences quantiques – conférences, ateliers, séminaires et hackathons – que ceux d’Afrique. Près d’un chercheur sur trois indique que son institution n’a pas accès à des infrastructures de recherche quantique, et les coûts d’équipement sont cités comme un obstacle par les deux tiers des personnes interrogées à l’échelle mondiale. Plus de 150 pays n’ont toujours adopté aucune forme de stratégie nationale en matière de science quantique, alors même que les investissements publics et privés mondiaux dans ce domaine ont atteint 55,7 milliards de dollars à la mi-2025. La concentration de ces investissements dans un petit nombre d’économies souligne l’urgence du défi.
Le rapport met également en évidence des disparités persistantes entre les genres dans les domaines liés à la technologie quantique. Alors que les femmes représentaient environ 42 % des participants en début de carrière aux événements consacrés aux sciences quantiques, leur proportion diminue considérablement au fur et à mesure de la progression de leur carrière, pour atteindre environ 16 % au niveau des chercheurs confirmés et seulement 12 % aux postes de direction.
Pour remédier à cette inégalité d'accès, l'UNESCO a lancé Global Quantum Initiative (GQI) [Initiative mondiale sur la technologie quantique], un cadre destiné aux gouvernements, aux universités, à l'industrie et à la société civile visant à garantir que les technologies quantiques soient développées de manière inclusive et éthique, afin qu'aucun pays ne soit exclu de la construction de l'avenir quantique.
Des actions concrètes sont déjà en cours. Dans le cadre de la Remote Access to Lab Equipment Initiative [Initiative de l’UNESCO pour l’accès à distance aux équipements de laboratoire], les chercheurs des pays du Sud peuvent désormais accéder au premier ordinateur quantique au monde dédié à la recherche en santé (IBM Quantum System One à Cleveland, aux États-Unis) pour travailler sur la découverte de médicaments, la modélisation des maladies et d'autres enjeux directement liés à leurs pays. Ce programme illustre un modèle concret que l’Initiative mondiale sur la technologie quantique entend reproduire et amplifier : lever les obstacles liés aux infrastructures, non pas en attendant que chaque pays se dote de sa propre installation quantique, mais en donnant accès à celles qui existent déjà.
Source UNESCO: https://www.unesco.org/fr/articles/recherche-quantique-un-chercheur-sur-trois-est-prive-dacces-aux-infrastructures-un-frein-majeur-pour?hub=701